Le Buisson ardent (1475-1476)

Photo Jean Bernard. DR.

Après 7 ans de restauration (2003-2010) où il est resté caché au public, le triptyque est aujourd’hui exposé dans la chapelle St-Lazare (nef baroque), entièrement rénovée afin de recevoir ce chef-d’œuvre de la peinture provençale du XVème siècle, et sous lequel Paul Cézanne aimait tant s’asseoir, prenant ainsi « sa leçon de Moyen Âge ».

On notera que dans un double souci de conservation et d’adaptation aux temps liturgiques, le triptyque est tour à tour présenté ouvert ou fermé, suivant un calendrier qui sera régulièrement mis à jour.

CALENDRIER D’OUVERTURE 2012-2013

du 1er décembre 2012 au 7 janvier 2013 (Épiphanie)
du 30 mars (Pâques) au 20 mai (Pentecôte)
du 21 juin (1er jour d’été) au 15 septembre (Journées du Patrimoine)
du 30 novembre 2013 au 6 janvier 2014

L’HISTOIRE DU TRIPTYQUE

« On connaît peu l’histoire de l’œuvre, depuis son installation dans l’église des Carmes, à la fin du XVe siècle, jusqu’à la Révolution. Devenu bien national, le triptyque est affecté à l’église de la Madeleine, entreposé au dépôt des Andrettes (actuel collège Mignet), puis rendu à la Madeleine en 1802, avant d’être installé, sur demande de l’archevêque Champion de Cicé et par décision préfectorale, en date du 21 septembre 1803, dans la grande nef de la cathédrale Saint-Sauveur. Il en ressortira à plusieurs reprises pour figurer dans l’exposition régionale des Beaux-Arts à Marseille en 1861, puis dans quatre expositions parisiennes – les Portraits nationaux en 1878, l’Exposition rétrospective de l’Art français en 1900, les Primitifs français en 1904 et les Chefs-d’œuvre de l’Art français en 1937. Évacué pour être mis à l’abri durant la seconde Guerre mondiale, il retrouvera sa place dans la troisième travée du flanc sud de la nef gothique, jusqu’à sa dépose pour restauration en 2003.

Admirée, remarquée par les voyageurs et les savants, repérée dans le processus nationaliste de redécouverte des Primitifs français, réintégrée dans la mise en perspective régionaliste de l’École d’Avignon, l’œuvre a acquis sa dimension définitive de chef-d’œuvre de la peinture emblématique de la fin du Moyen Age. Indissociable de la construction du mythe du « bon roi René » dans l’imaginaire collectif, le Buisson ardent s’est imposé comme une icône de l’identité provençale, justifiant l’attachement indéfectible de la cité aixoise à ce patrimoine insigne. » Yves Cranga (DRAC)